Loud : après le Centre Bell, le prodige du rap queb continue de faire des gros «moves» | Silo 57
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Loud : après le Centre Bell, le prodige du rap queb continue de faire des gros «moves»

En quelques années, le rap queb a pratiquement rattrapé les décennies de retard qu’il avait sur ses homologues américain et français. Un retard bien malheureux pour les fans et les artisans qui se butaient à une industrie musicale et à des médias qui ne comprenaient que dalle au hip-hop. 

Parmi la horde d’artistes qui jouissent enfin d’une reconnaissance bien méritée, Loud est clairement devenu le porteur de drapeau officiel depuis 2017.

Je l’ai croisé au show de Freddie Gibbs lors du Mural Fest. On a jasé de ses concerts historiques au Centre Bell, de ses plans pour la suite des choses et de son partenariat avec Hennessy.

Un moment historique

Dominick Gravel/Agence QMI

Si plusieurs on affirmé (à tort) que Loud était le premier rappeur d’ici à élire domicile chez les Canadiens — Omnikrom avait fait la première partie de DJ Champion par exemple — l’artiste montréalais a enfin prouvé que le rap queb pouvait être le main event de la soirée... deux jours de suite!

Comment un gars au calme légendaire prend-il ça de marquer l’histoire?

«J’ai pas encore eu le temps de prendre de recul sur le truc. On n’a pas pris de jour off. Le lendemain on était déjà partis en tournée. C’est business as usual

Lors du concert à l’île de la Réunion dans l’océan Indien qui a suivi le Centre Bell, ce n’était pas un problème non plus de se présenter devant une foule moins conquise d’avance.

«C’était 50/50. La moitié du monde connaissait mes chansons. Avec le stage sur le bord de la plage, ce n’est pas le pire contraste, disons.»

Un partenariat qui allait de soi

Dominick Gravel/Agence QMI

Maintenant que le public et la critique sont au rendez-vous, ce n’était qu’une question de temps avant que les grandes marques s’intéressent au rap queb.

Mais dans une culture où l’authenticité est vitale, Loud a su refuser beaucoup d’offres avant de s’associer avec Hennessy.

«Ça doit être cohérent et honnête. Il y avait des opportunités de sponsorship avec lesquels je n’avais aucune affinité. Pis ça se sent quand c’est purement financier.»

À savoir s’il avait des appréhensions à devenir partenaire de la marque de cognac officieuse du hip-hop depuis les Tupac, Nas et Mobb Deep, Loud renchérit sur l’importance du côté organique de cette relation.

«Depuis que c’est annoncé, personne ne l’a remis en question. Oui, parce que j’en consomme depuis longtemps, mais outre ça, en termes d’image et de philosophie, ce n’est pas spammy. Ce n’est pas dans ta face de manière agressive. C’est slick.» 

Fait intéressant d'ailleurs, Hennessy serait le spiritueux le plus nommé en chanson.

La vie de party très posée d'une star internationale 

Dominick Gravel/Agence QMI

Qui dit cognac, dit sortie et party. En lui demandant ses meilleures adresses à Montréal, l’artiste originaire d’Ahuntsic ne cache pas que sa popularité a changé un peu ses habitudes.

«Je ne sors plus beaucoup à Montréal. C’est un peu rendu un problème de sortir ici d’une certaine manière.»

Dans son jeune temps, sa place de prédilection était le Tonneau d’or situé près d'où il a grandi. 

S’il sort, c’est fort probablement au Majestique sur Saint-Laurent qu’on va le croiser. Et peu de chances qu’on le surprenne à siroter un drink fancy ou dans un état trop éméché. 

«Je ne suis pas un gars de cocktail et de drink complexe. Straight on the rocks ou straight. Je garde ça très basic, peut-être un peu de soda. Je ne suis pas un extrême fêtard. Je suis le gars qui ne vire jamais trop saoul. Je garde le même level.»

Le nouvel album de Loud «Tout ça pour ça» est disponible depuis le 24 mai. Souhaitons-lui, et au reste du hip-hop québécois, une autre année record.
 

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