Morts en croisière: un virus transmis par des rongeurs crée la panique à bord | Silo 57
/travel

Morts en croisière: un virus transmis par des rongeurs crée la panique à bord

s

Alors que le géant des croisières Royal Caribbean a annoncé couper plus d’une vingtaine de trajets déjà réservés pour l’été 2027, un drame drastique survient à bord du bateau MV Hondius.

• À lire aussi : [VIDÉO] Fini le « gatekeep »: on vous dit où voyager au Québec cet été

• À lire aussi : Coup dur pour les voyageurs : Royal Caribbean annule plusieurs croisières

• À lire aussi : Croisière : voici 7 indispensables pour profiter de vos prochaines vacances

Un navire de croisière, possible foyer d’infection à hantavirus ayant fait trois morts à bord, restait lundi dans l’incertitude quant à son lieu d’accostage. Refusé au port de Praia, la capitale du Cap-Vert, il pourrait se diriger vers l’archipel espagnol des Canaries.

Voici ce que l’on sait jusqu’à maintenant.

Les hantavirus, principalement transmis à l’être humain par des rongeurs infectés, font partie des agents pathogènes pouvant provoquer des détresses respiratoires et cardiaques, ainsi que des fièvres hémorragiques. En l’absence de vaccin comme de médicaments spécifiques contre les hantavirus, les traitements proposés consistent uniquement à soulager les symptômes.

Le navire

Le MV Hondius a quitté Ushuaïa, en Argentine, il y a sept semaines, en direction de l’archipel du Cap-Vert. Dimanche, le navire se trouvait au large de Praia, la capitale du Cap-Vert.

AFP

Qui est à bord ?

Le navire n’a pas été autorisé à accoster dans le port de la capitale cap-verdienne, Praia, au large duquel il mouille. L’archipel espagnol des Canaries est « envisagé » par Oceanwide Expeditions pour débarquer les passagers.

Il y a actuellement à bord du navire 149 personnes - 88 passagers et 61 membres d’équipage - de 23 nationalités, selon le croisiériste. Parmi les passagers, les plus nombreux sont les Britanniques (19), les Américains (17) et les Espagnols (13). Il y a également, entre autres, cinq Français. Au sein de l’équipage, les nationalités les plus représentées sont les Philippins (38) et les Ukrainiens (5).

Les victimes

Parmi les décédés, un couple néerlandais. L’homme, 70 ans, est mort à bord le 11 avril. Son corps a depuis été transféré sur l’île de Sainte-Hélène. Il souffrait de fièvre, de maux de tête, de douleurs abdominales et de diarrhée, d’après le ministère sud-africain de la Santé, qui s’est exprimé auprès de CNN. Son épouse, 69 ans, s’est effondrée dans un aéroport sud-africain alors qu’elle tentait de rejoindre les Pays-Bas par avion. Elle est décédée dans un hôpital de Johannesburg.

La nationalité de la troisième victime demeure inconnue, selon les médias néerlandais. Un autre passager est en soins intensifs à Johannesburg, et deux autres « ont besoin de soins médicaux urgents », selon l’opérateur.

AFP

L’OMS signale par ailleurs qu’un patient britannique a été pris en charge en Afrique du Sud. Deux membres d’équipage, un Britannique et un Néerlandais, présentent des symptômes respiratoires aigus nécessitant une prise en charge urgente, a précisé Oceanwide.

À ce stade, un seul cas d’infection à hantavirus a été confirmé en laboratoire parmi les six personnes symptomatiques, selon l’OMS.

Il n’est pas encore établi si le virus était à l’origine des trois décès, selon Oceanwide Expeditions. Et aucun cas d’hantavirus n’a été officiellement confirmé chez les deux passagers présentant des symptômes requérant encore des soins à bord du navire.

Le virus

Il existe de nombreux types d’hantavirus, qui se distinguent par leur répartition géographique et leur tableau clinique. Selon le site internet de l’Office fédéral de la santé publique suisse (OFSP), « un seul type de virus, extrêmement rare, peut se transmettre d’un être humain à un autre ».

Ils sont présents sur tous les continents et doivent leur nom à la rivière Hantaan, qui se situe à la frontière entre les deux Corée.

Durant la Guerre de Corée (1950-1953), plus de 3000 soldats sont tombés gravement malades après avoir été infectés par ces virus, indique l’OFSP.

Transmission

Les hantavirus se transmettent à l’être humain par l’intermédiaire de rongeurs sauvages infectés, tels que des souris ou des rats, qui excrètent le virus par la salive, l’urine et les excréments. Une morsure, un contact avec ces rongeurs ou leurs déjections ainsi que l’inhalation de poussière contaminée peuvent provoquer une infection.

« La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminés par les excrétas des animaux infectés (urines, déjections salive), aux cours d’activités en forêt ou dans des locaux proches de la forêt et longtemps inhabités ainsi que lors d’activités dans des zones rurales où les champs et les fermes offrent un habitat favorable pour les rongeurs réservoirs », indique le site de l’Agence nationale de santé publique française.

La prévention de l’infection consiste essentiellement à limiter les contacts avec les rongeurs, leurs sécrétions et excrétions.

L’épidémie

Le ministère argentin de la Santé indique qu’aucun cas n’a jamais été recensé dans la province d’Ushuaïa. L’hantavirus circule néanmoins dans d’autres régions d’Argentine et du Chili, selon l’OMS. L’épisode présente un « faible risque » de propagation, a estimé lundi le directeur régional de l’OMS Europe.

« Il n’y a aucune raison de céder à la panique ni d’imposer des restrictions de voyage », a jugé Hans Kluge, soulignant que les infections à hantavirus étaient rares, généralement liées à l’exposition à des rongeurs infectés et ne se transmettaient « pas facilement entre personnes ».

Un médecin de famille interrogé par CNN a souligné le caractère exceptionnel de la situation.

« Quand j’ai lu ça pour la première fois, j’ai cru qu’il y avait une erreur d’impression », a-t-il confié.

D’après lui, le navire aurait pu être contaminé via des excréments ou de l’urine de rongeurs, ou encore par un passager porteur d’une variante du virus. Les preuves de transmission interhumaine restent toutefois très limitées. Ce n’est pas une maladie qui se transmet « facilement d’une personne à l’autre », a-t-il soutenu. Les hantavirus, dont le vecteur principal est le rongeur infecté, figurent parmi les agents pathogènes susceptibles de provoquer des détresses respiratoires et cardiaques, ainsi que des fièvres hémorragiques.

Aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe à ce jour. La prise en charge se limite au soulagement des symptômes. Selon les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), 38 % des patients développant des symptômes respiratoires peuvent en mourir.

L’OMS a confirmé lundi : « Le virus des Andes, présent en Amérique du Sud, est le seul hantavirus connu pour lequel une transmission interhumaine limitée entre contacts a été documentée ».

- Avec les informations de l’AFP et CNN

Découvrez ces vidéos :

s

s

s

Sur le même sujet

À LIRE AUSSI

Publicité

VOUS POURRIEZ AIMER

Publicité

En collaboration avec nos partenaires